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Date de création : 05.08.2015
Dernière mise à jour : 09.01.2026
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L'incroyable vie de monsieur Patredayl

Publié le 23/05/2025 à 11:10 par erixroman
L'incroyable vie de monsieur Patredayl

 

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  CES BILLETS PARAISSENT SUR FACEBOOK (Brutus Lyon Objectif Culture)

 

  Notre ami Taz, membre de notre bureau et grand pourvoyeur de sujets, a été chercher l'incroyable histoire de ce personnage sur le compte Facebook "Lyon Avant". Un compte que nous recommandons tant il met en valeur notre bonne ville de Lyon et son histoire.
   Ainsi nous avons découvert les incroyables vies de Claude Patreday, qui n'a rien à envier aux Tom Sawyer, Bob Morane et autre Jean Valjean. Jugez par vous même.
  Claude Patreday est né le 1er janvier 1764 dans la paroisse Saint Paul, mais c'est un aventurier dans l'âme digne des plus grands au point que sa vie pourrait être un roman ou un film d'aventure.
  Il a six frères et soeurs et son père décédé en 1771. Sa mère vend de l'eau de vie et de la moutarde.
   En 1775, il a 11 ans et il est apprenti chez un maître tailleur rue de la Pêcherie et il décide que le vaste monde lui tend les bras et s'en va sur la route en direction de Bourg en Bresse sans la permission de maman.
  Tentative ratée puisqu'il est rattrapé par la maréchaussée.
  Toutefois Claude a de la suite dans les idées et 5 ans plus tard, il se rend à Marseille à pied où il devient moussaillon sur « le Renard ». Après son départ des Canaries, « le Renard » est amariné par une frégate et conduit à l'ile d'Antigua. Prisonnier, il apprend le français au fils du commissaire de guerre, ce qui lui vaut d'être échangé.
  Le voici à Basse Terre en Guadeloupe où il est embarqué sur une frégate du Roi de France, « la Cybèle », et file sur Brest.
  Trois mois plus tard « La Cybèle » repart pour les Etats-Unis et notre aventurier débarque a Boston et décharge des munitions pour La Fayette et Rochambeau. " La Cybele" coule dans la rade.
  Qu'à cela ne tienne... Nous sommes le 10 octobre 1782 et notre lyonnais Patreday embarque sur le "Reine de France", qui essuie une première tempête perdant les vivres. Plus tard un corsaire bernudien la canonne pendant cinq heures et sept jours plus tard la " Reine de France" traverse une nouvelle tempête et démâte. Là, un corsaire pavillon anglais est mis en fuite. Le surlendemain, 17 vaisseaux entourent  le "Reine de France » et lui annoncent qu'il est une bonne prise. Dans son malheur, Patreday a de la chance parce qu'il parle un peu anglais. Il est donc bien traité. Il est conduit à Kingston où il devient domestique d'un colonel anglais.
  Cependant notre aventurier a le goût de la liberté et préfère être emprisonné plutôt qu'être esclave.
  Il attend le premier avril 1783 que la paix soit signée. Patreday est alors à Saint Domingue où il embarque sur la "Pouponne" et arrive le 1er mai au Cap Français.
  Patreday s'engage pour la traversée avec M. de Coussol, capitaine au régiment de Royal Auvergne. Il embarque pour Bordeaux sur "le Lorient". Débarqué, il rejoint le Royal Auvergne à Prignac où M. de Coussol refuse de lui payer sa solde. Un autre capitaine de ce régiment, l'engage pour un semestre et lui achète un cheval. Patreday traverse la France à cheval, de Tarbes à Nancy, en passant par Lyon où il voit sa famille.
   Il reste dans l’armée jusqu'au 15 septembre 1786 où, le régiment est passé en revue par M. de Choiseul. Il est réformé à cause de sa petite taille. Du coup, il revient a Lyon et reprend son métier de tailleur pendant deux ans... Ouf! Enfin stable.
   Il s’installe à son compte puis se marie le 4 août 1789 avec Françoise Lamberton.
Il intègre la Garde nationale et devient capitaine des canonniers.
   Et bien sur, il est défend sa ville pendant l'insurrection et doit fuir lorsque les 120 000 soldats de la convention prennent possession de la ville.
Il dira: « Les brigands sont entrés dans la ville, non comme des vainqueurs mais comme des lâches, qui faisaient marcher devant eux les prisonniers pour leur servir de bouclier »
   Il s'enfuit avec sa femme dans la région de Bourgoin, mais il est reconnu et dénoncé.
Après dix jours passés enfoui dans de la paille, il court le risque de rentrer à Lyon le 28 octobre 1793. Il se cache place de la Charité, chez son frère, d'où il entend chaque jour la fusillade des exécutions sur la place Bellecour.
   Au bout d'un mois et demi, il craque et fuit sous une fausse identité. Le 26 novembre on le retrouve à Toulouse où il est  tailleur dans un atelier militaire. Un an de cavale, sur le qui-vive loin de sa famille, il revient a Lyon pensant être protègé par la loi qui rappelait dans leurs foyers les pères de famille et les chefs d'ateliers qui avaient dû fuir la cruauté de la Convention.
   Il apprend que sa maison a été détruite et que son beau père et sa femme ont été emprisonnés pendant deux mois. Il lui restait une maison rue Désirée qui avait été vendue a un prix dérisoire si bien qu'il retrouvait à payer un loyer pour occuper sa maison.
   Toujours entreprenant Claude Patreday monte un petit commerce avec un associer et reprend les route de France.
  A Castelnaudary, il se fait voler sa fortune, 600 francs pendant que son associé dilapide le commerce au jeu.
   Mais l'homme se relève de nouveau et en 1796, il tient une auberge rue de Flandre, mais la aussi, une dénomée Lambert le dénonce.
  5 jours en prison en aout 1797, puis 60 en février 1798 sans interrogatoire, il est de nouveau arrêté en septembre 1798. Il serait recherché par un jury d'Yssingeaux pour un crime commis a Lyon alors qu'il était à Toulouse. On l'enferme 35 jours au Puy-en-Velay avant de le renvoyer a Yssingeaux dans un cachot si petit que les prisonniers doivent rester debout.
  Pour finir, il est envoyé a Tournon où le château sert de prison. Il y reste trois mois et sa femme l'y rejoint pour accoucher d'une Anne dans une auberge.
  Enfin le 15 mars 1799, il est libéré et rentre a Lyon où des huissiers l'attendent pour saisir ses biens parce qu'il n'a pas payé ses impôts. Comme il est averti il s'enfuie à Belley puis à Seyssel, puis à Aix, Chambéry, Rumilly… Mais, « fatigué d'être absent de sa famille », il finit par rentrer à Lyon.
  Ruiné c'est le consulat qui l'embauche dans une compagnie de garde de nuit pour le service de la ville.
  Brigadier en 1801, en 1807 il est nommé agent de police, puis commissaire de police a la Croix Rousse en 1810 et en 1814 il fait serment de fidélite au Roi. C’est par son activité que les vols nocturnes et par effraction sont devenus rares dans la commune.
Aux Cent Jours, il refuse de trahir son serment de fidélité au Roi et reçoit l'ordre de cesser ses fonctions.
  De nouveau menacé d'arrestation, il part pour Aix, mais il revient a Lyon et le 16 juillet 1815, il reprend ses fonctions pour assister à l'entrée de 4.000 Alliés dans les faubourgs de Lyon.
  En 1815, il est nommé au faubourg de la Guillotière mais lorsqu'un nouveau lieutenant de police est nommé, Patreday est remercié.
  On le retrouve en 1819 commissaire a Villeurbanne. Il retournera a la Guille puis on le retrouve commissaire à Gray et il meurt le 30 décembre 1841 à l’hospice de la Charité de Lyon. Son acte de décès indique « sans profession ». Sic.
   Si l'on sait tout cela, c'est parce que Claude Patreday a écrit ses mémoires sous la forme d'un manuscrit de 70 pages qui a été vendu chez Drouot.
   L'intitulé de ce manuscrit est « Vie privée de Claude Patreday depuis sa naissance, ses voyages, ses aventures et ses revers ». Il a été acheté 400 euros.
   Nous avons pris quelques raccourcis en souhaitant éveiller votre curiosité et nous vous invitons à visiter Lyon Avant où vous trouverez déjà beaucoup plus de détails.